la campagne de Ségolène Royal

Posté par bifaceb le 13 septembre 2011

12 septembre 2011
Ségolène Royal n’arrive pas à décoller dans les sondages des « primaires » socialistes.
Elle s’est déclarée depuis fin 2010, a multiplié les « relances » de sa campagne, a été très présente cet été, vient dans les médias, et pourtant ne semble pas en mesure de se placer dans le duo de tête des primaires d’Octobre.
Pour celle qui, en 2006, s’était imposée facilement, au premier tour, avec 60% des voix, qui avait fait une campagne interne « facile », qui se voit ainsi ne pas avancer, il y a certainement une incompréhension qui peut générer un certain énervement, expliquer des « petites phrases »…
Ses meetings sont suivis par des militants nombreux, enthousiastes, galvanisés par ses discours, sur Internet, elle est soutenue par beaucoup de sites, anime une communauté active…
Sur le fond, elle vient de faire publier deux ouvrages, l’un sur son action à la tête de la région Poitou-Charentes, écrit par son Vice Président, assez convaincant sur ses réalisations, l’autre est sa « Lettre aux Indignés,… », plutôt bien écrite même si elle est parfois plus proche du discours de campagne d’une candidate que du programme d’une Présidente… De toute façon, ils se comparent favorablement avec la « lettre » de Martine ou à la compilation de discours publiée par François…
De plus, elle se dit mieux prête qu’en 2007, mûrie par cette campagne, ce qui est certainement vrai !
Elle a un positionnement original avec des valeurs qui trouvent un écho à droite « ordre juste », famille, nation, et des ouvertures altermondialiste… Elle a fait quelques déclarations intéressantes, comme celle de la recherche d’un électorat qui va de l’extrême gauche aux gaullistes de gauche, au centre gauche, sur le modèle du CNR, ou l’approche disant que sans bouger les taux des impôts, il suffit d’améliorer leur rendement en travaillant sur « la fraude » dans laquelle elle glisse discrètement l’ « optimisation fiscale », donc les assiettes…
Et tout cela ne semble pas suffire… Pourquoi ?

Comment expliquer cette différence avec la campagne de 2006, cette indifférence en 2011 ? *

la campagne de Ségolène Royal dans la politique au quotidien srenroute

Mon sentiment :
Déficit d’image, de crédibilité, d’équipe, de soutien médiatique.
- Les médias mettent en valeur Hollande ou en scène le duel des premiers secrétaires Aubry-Hollande, disent les Ségolènistes. Possible, mais partiel : Ségolène représentait en 2006, l’inattendu, la fraîcheur, pas cette fois : elle n’est plus la coqueluche des médias, mais reste cependant invitée partout, et ses interventions reprises, répercutées.
-Une équipe très restreinte, des soutiens limités au PS donnent l’impression d’une candidature « un peu seule », pas à même de s’appuyer sur des personnalités assez nombreuses pour l’aider…
Et la perte de son équipe pose la question de sa capacité à rassembler, à fédérer, et donc crée un malaise : en politique il faut savoir, pouvoir, entraîner derrière soi des gens dévoués, parfois intéressés, mais nécessaires.
En 2007, elle a pris le parti par surprise, (comme Jospin l’avait lâché par surprise !), n’a pas réussi à le ramener vers elle, a cru pouvoir « jouer solo », ce qui a contribué à cette coupure candidate/parti, que les leaders de Solferino n’on rien fait pour combler. Ce précédent ne révèle t il pas sa difficulté à rassembler, assembler les personnalités pour constituer une équipe gagnante ?
Juste après l’élection perdue de 2007, elle n’a pas pris le leadership de la campagne pour les législatives, elle n’est pas apparue comme la responsable incontestable, le leader du PS et de la Gauche…
Elle a un vrai canal de soutien via « Désirs d’Avenir », militants, sympathisants, des « fans », des inconditionnels qui, à mon sens ne l’aident pas en l’applaudissant systématiquement, en ne lui demandant pas de progresser, de se dépasser pour aller plus loin… (cf. crédibilité ci dessous).
-Crédibilité : sa parole est dévaluée, a du mal à porter. Après avoir eu beaucoup de mal à reconnaître des erreurs factuelles (sur l’énergie dans le débat avec NS comme sur les sous marins nucléaires, sur les promesses de NS en matière de retraites…), après avoir été dans une certaine forme de déni de réalité sur sa défaite, après avoir dit ne pas croire à une partie du programme qu’elle avait défendu, ses « sorties » avec les excuses aux Africains, à Zapatero , le meeting ou elle paraissait plus showbiz que politique ont fait que beaucoup de Français la regardent plutôt avec amusement, pas comme quelqu’un de fiable, responsable.
La démocratie participative est un concept intéressant, mais il risque de dévaluer la parole politique, même la sienne. Que reste t il du programme bâti à travers des centaines d’ateliers participatifs en janvier février 2007 ? Pas grand-chose, l’impression de temps perdu, d’un moment crucial raté, un moment rare où un vrai discours d’espoir, de mobilisation était possible et nécessaire…
- Au-delà du message, les électeurs votent beaucoup sur l’Image, et l’ensemble donne une image floue, d’une candidate énergique certes, mais pas fiable, pas assez structurée pour être rassurante… en ces temps troublés, c’est un sacré handicap…
 

Un argument plus personnel, moins politique : être une femme, ses déboires conjugaux, le fait qu’aujourd’hui elle ne veuille pas parler de conjoint contribue sans doute à brouiller un peu plus son image :  Un (e) Président(e) en France doit pouvoir montrer une vie de couple, de famille(s)…

* On peut aussi réussir une première campagne de façon inattendue, croire en ses chances pour la seconde, et se planter : Jospin 1995-2002

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