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Les années 80 …

Posté par bifaceb le 30 novembre 2011

 

J’entendais sur France inter  Daniel Mermet dans une émission sur le tournant économique et politique des années 80 ou l’auteur d’un livre sur ce thème, François Cusset, dénonçait cette période comme celle de la financiarisation de l’économie, du développement mondial du libéralisme, de l’abdication de la pensée et des objectifs de progrès social au profit d’une réaction, d’une régression. Curieusement il faisait commencer cette «  décennie »  en 1977 et la faisait finir avec Maastricht où les 49% de « non » en France, et d’autres « non » à l’Euro en Europe  lui semblaient marquer le début des fissures du modèle de la pensée dominante, unique, et préparer le non au TCE en 2005, qui aurait marqué un moment crucial de l’expression populaire contre le chemin ou l’ « establishment » veut le mener, même si les intervenants notaient par ailleurs que nous n’étions toujours pas sortis de cette décennie 80 de la pensée, le consensus libéral.

Pour être franc, je n’ai pas eu le temps d’écouter toute l’émission, qui était sur plusieurs jours, et c’est donc moins ici une réponse argumentée sur les « tournants » politico-économico-sociaux depuis un demi siècle qu’une réflexion personnelle.

Mon sentiment est que, depuis 1945, nous pouvons reconnaître en France, et, eu delà, dans le monde, plusieurs phases.

D’abord les « trente glorieuses » de l’après guerre : croissance forte (5% !) permettant projets industriels et progrès social, lutte pour le partage des fruits de la croissance aboutissant à une amélioration du sort des salariés, une redistribution somme toute assez faible (peu de chômeurs, de retraités…).  Bien d’autres aspects, plus politiques, militaires, écologiques, empêchent de voir cette période comme un « âge d’or ».

En 1974, crise « du pétrole » mais aussi, cela a été vite compris, de l’essoufflement d’un modèle « équilibré » bâti sur la reconstruction, l’effort en commun, le niveau de vie qui croît continument. Les profits des entreprises chutent, les comptes publics ne sont plus équilibrés, l’Etat commence à s’endetter auprès des banques privées qui voient progressivement  leurs contraintes s’alléger et un modèle plus financier  s’implanter en substitution, sur les gains de productivité  de l’industrie et  l’agriculture. Les conquêtes sociales ne sont pas freinées, et, en 1981-82 l’élection de François Mitterrand permet la cinquième semaine de congés payés, la retraite à 60 ans (avec 37,5 années de cotisation), les 39h, l’accroissement des effectifs de la fonction publique.

Mais, en 1979-1980 sont arrivés au pouvoir en Angleterre et aux USA Thatcher et Reagan, poussés par une école de pensée libérale, « les monétaristes », très opposés à la dépense publique. Par leur énergie, leur conviction, leur influence sur les gouvernements européens ils vont obtenir que la direction des politiques économiques soient inversées, qu’elles favorisent systématiquement le marché plus que le règlement, l’actionnaire plus que le salarié, le privé plus que le public, la finance sur la prudence. C’est le « tournant des années 1980 », en France à partir de 1983, avec les plans de rigueur, puis la dérégulation des marchés de capitaux, et, au niveau mondial, l’ouverture sans réserve des frontières dans les négociations de l’ « Uruguay round ». Notons que cette inversion des rapports de force s’est faite pour une large partie sous des gouvernements de gauche et alors que l’Est représentait encore parfois un espoir pour les travailleurs, leurs organisations, en tout cas une menace pour leurs dirigeants, et qu’elle a abouti, en France à une diminution de 10 points de la part des salaires dans la valeur ajoutée, la ramenant à ce qu’elle était au début des années 1970.

Cette « parenthèse de la rigueur » n’a pas vraiment pris fin. Certes des gouvernements de gauche (Rocard, Jospin) ont complété le « filet de protection » social, avec, par exemple, le RMI, la CMU, mais « à minima » et on a l’impression que ce sont ces actions qui font figure d’exception dans un moment ou les droits sociaux ont tendance à être limités, voire revus à la baisse sous la contrainte de déficits budgétaires qui augmentent alors que le taux de prélèvement est élevé, la contrainte de la redistribution (chômage, retraite, santé) forte.

D’un certain point de vue les années 1980 auraient pu, du se terminer en 2000 lorsque la Gauche plurielle au pouvoir, cette alliance du PC issu de l’Histoire sociale, des Ecologistes qui cherchent à inventer et préparer la société de demain, autour du PS parti « de gouvernement et de mouvement » a voulu modifier les conditions de vie et de travail avec les 35 heures. Même si cette loi a eu des aspects positifs, d’autres plus discutables, et que son bilan n’est  pas fait aujourd’hui, il est certain que par sa limite à la France, par l’absence de travail dans la durée du fait du départ du pouvoir de la Gauche plurielle en 2002, elle n’a pas constitué un moment social fondamental, le tremplin d’un nouveau mode de développement qu’elle aurait du préfigurer, le « changer la vie » de 1981, qu’elle est restée une mesure isolée, aux effets limités, qu’elle n’a pas donné le souffle recherché.

Et aujourd’hui ? La Gauche n’a pas retrouvé un discours qui donne une perspective et un espoir, elle est mobilisée surtout autour de la lutte pour préserver les acquis, et le modèle libéral mondial, en dépit des soubresauts, des crises, impose ses idées, ses méthodes, ses hommes.

Nous sommes toujours dans les années 1980 !

Au travail, altermondialistes de tout poil, réformistes hardis, utopistes de tout bord,

penseurs originaux, blogueurs compulsifs, gauchistes, écologistes,

reprenons le flambeau, proposons cette société que nous voulons construire,

sortons des 80’, visons les années 20’, convainquons,  et nous vaincrons !

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un, des-accord

Posté par bifaceb le 17 novembre 2011

 

Oui, cette histoire de MOX à laquelle personne ne comprend rien aurait pu et du être régléee (ou non, placée en point de désaccord…) avant de communiquer sur le programme de gouvernement, dont d’ailleurs, on ne sait rien en dehord du nucléaire…

 Mais pourquoi étaient ils si pressés ?

Pace que les instances politiques devaient approuver l’accord, mardi pour le PS, cette fin de semaine pour EELV, d’accord.

Mais pourquoi en Novembre, alors que le candidat finalisera son programme en janvier 2012 ? C’est là que cela devient intéressant : parcequ’il fallait signer un accord de répartition des circonscriptions rapidement pour pouvoir désigner des candidats aptes à faire campagne…

En mélangeant politique politicienne et projet programmatique, le PS et les Verts ont donné une image de confusion, de négociation de marchand de tapis… ce qui n’est pas la meilleure voie vers la crédibilité. Il eut mieux valu, à mon sens, parler législatives avant en novembre, se mettre d’accord, puis programme en janvier, quitte à bouger quelques circoncriptions en cas de désaccord…

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« capitaine de pédalo »

Posté par bifaceb le 17 novembre 2011

Il aime faire de l’esprit, montrer qu’il est un brillant orateur, caustique et provocateur…

Il sait que les médias adorent « la petite phrase » qui sera reprise et commentée. Il a bien joué avec son capitaine de pédalo dans la tempête.

De méchantes langues pourraient lui répondre que mieux vaut un pédalo qui va de l’avant (propulsé par la force humaine, une énergie tout à fait renouvelable), qui, pour certtains ont traversé l’atlantique et donc vaincu vagues et vents, qu’un  Titanic qui git par le fond, que la Fontaine l’avait fort bien dit avec le Chene, rigide sur des racines anciennes qui ne peuvent plus lui permettre de rester debout et le Roseau, qui surfe sur le gros temps adaptatif comme un pédalo…

Mais surtout, qu’il ne se gêne pas pour montrer l’endroit où doit nous mener son bateau, lui qui semble bien en difficulté pour définir la société qu’il voudrait mettre en place…

Jean-Luc, dis nous quel vent tu veux dompter, quelle rive tu veux aborder, ensuite on choisira le mode de transport, éventuellement en commun !

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11 novembre hier, aujourd’hui, et demain…

Posté par bifaceb le 11 novembre 2011

Le Président veut faire de cette journée  « la date de commémoration de la Grande guerre et de tous les morts pour la France », ajoutant donc les militaires morts durant la seconde guerre mondiale, puis, depuis, en Indochine, en Algérie, et dans les « Opérations Extérieures ». Une « journée du souvenir », un « mémorial day » comme d’autres pays le célèbrent…  C’est une idée intéressante, qui ne me semble pas aller assez loin. Pourquoi ne pas associer à cette commémoration, outre les morts, toutes les  victimes, blessées, traumatisées, victimes militaires et civiles… J’irais au-delà, pourquoi nous limiter aux victimes de ce côté ci du Rhin ?  Cette guerre, ces guerres furent des désastres pour nous tous, pays européens et nos colonies, comme pour nos alliés, et, au fond, elles ont contribué, par la réconciliation, à fonder la construction européenne, cette réussite du dernier demi-siècle. Les victimes furent nos parents, grand parents, oncles et tantes, aïeux… victimes directes ou indirectes, marqués dans leur chair ou dans leur vie, rendons leur hommage comme à ceux qui se sont battus en face … Et, puisqu’il s’agit de « la Grande Guerre », interrogeons nous sur les mécanismes qui ont conduit à ces millions de morts, ces combats en Picardie, Champagne, ces souffrances infernales de plusieurs peuples, du fait de l’assassinat à l’autre bout de l’Europe, d’un archiduc autrichien par un anarchiste serbe, réfléchissons à ce jeu d’alliances infernal, à ces va t en guerre, politiques, ces fanatiques, parfois militaires, qui ont précipité nos pays dans cette catastrophe. Pensons aussi à cette guerre comme la suite de la précédente, déclenchée pour un motif fallacieux (qui se souvient du contenu de la dépêche d’Ems ?) par un Emile Ollivier, Président du Conseil osant déclarer en 1870, « accepter la guerre d’un cœur léger », pensons aux haines du boche,  aux ravages qui, durant presque un siècle ont opposé la France et l’Allemagne, pour des motifs en effet rétrospectivement tout à fait légers… Que l’été 2014, avec le centenaire de Sarajevo, de l’assassinat de Jaurès, du début de la WW1, soit l’occasion d’une belle et profonde réflexion européenne sur notre vision de la paix, notre internationalisme, notre pacifisme, j’assume le mot, notre volonté de ne pas céder aux provocations et manipulations de ceux qui croient trop souvent, trop facilement, que les armées souffriront mais que les armes auront raison, alors que ce sont les idées, les échanges, le dialogue, les relations interpersonnelles, les projets collectifs, les progrès qui forgent notre civilisation… 
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Il y a deux ans, j’écrivais sur ce jour du 11 novembre. 

11 Novembre.Ce matin, je suivais le défilé, je participais, comme tous les ans, aux cérémonies en hommage aux victimes des guerres du XX ème siécle. Drapeaux, chants, Marseillaise, bien sûr me revenait en tête le débat lancé par le gouvernement sur l’ « Identité nationale ». Identité nationale? Qu’est ce que c’est pour moi? Et pour les autres? Une question que je ne me pose pas, dont nous ne parlons jamais, avec des amis, à la cantine alors que, souvent, nous discutons économie, nous refaisons le monde…
Si je dois y réfléchir, c’est quoi l’Identité Nationale? L’identité je vois: nom, carte, photos…. mais nationale?  C’est une notion qui me parle peu. Je suis français, parce que né en France, de parents français, parlant Français, etc…comme M.Jourdain faisait de la prose.
Drapeau, Marseillaise d’accord, ce sont des symboles, des témoins d’un passé glorieux, parfois seulement des signes de ralliement.
Mais au delà?
Je ne me sens ni nationaliste, ni patriote, je saisis d’ailleurs mal la différence. Ces concepts me paraissent avoir été la cause majeure des deux guerres mondiales qui ont créé le malheur de l’Europe et de ses alliés, au XX ème siècle. Très franchement je me sens d’abord européen. Quand je réfléchis aux valeurs qui me guident, elles sont d’origine gréco-romaines, chrétiennes, humanistes, constituées autour de l’Europe et de la Méditerranée.
La spécificité française ne m’apparaît pas: le «siècle des lumières » se terminant par la Révolution? Certes, mais, après ce si beau mouvement intellectuel, pour une déclaration des droits de Homme et du Citoyen, que d’excès, de violence injustifiable, aboutissant, in fine, à l’Empire, la guerre, la restauration. Ma fierté est limitée. D’autant qu’au même moment la France était un des pays les plus actifs en matière de traite négrière, d’esclavage, une horreur absolue. Non, décidément, je me sens d’abord européen, et mon panthéon des hommes qui ont marqué, fait l’Europe et le monde, comme des valeurs qui me tiennent à cœur, me rapprochent indissolublement, je le pense profondément, des Européens.
Et cette Europe, déchirée par les guerres et les nationalismes durant la première moitié du XX eme siècle, qui, maintenant, donne l’exemple: nous avons vécu presque 65 ans depuis le dernier grand conflit européen, une durée sans guerre sur nos territoires que nous n’avons, je pense, jamais connu en Europe, en France.
En 2020, bientôt, nous l’espérons, 75 ans (une vie) de paix : celle-ci aura alors duré aussi longtemps que la période des trois guerres franco-allemandes précédentes.
Quel symbole! Quel modèle!
Aucun conflit intraeuropéen ne sera plus possible, mais il faudra que la paix se répande, s’étende. C’est notre défi, celui des générations suivantes…

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Chevenement, 40 ans de République à Nation (boulevard Voltaire)

Posté par bifaceb le 6 novembre 2011

 

Il revient !

40 ans après avoir joué les supplétifs de F. Mitterand pour lui permettre de créer et conquérir le Parti Socialiste en 1971,

contre des Savary, Poperen etc…tous depuis partis sous d’autres cieux, le Che veut revenir, être candidat !

à 72 ans, il veut 2002, en mieux !

Fidéle à ses thèmes favoris : la République et la Nation, pardon la Patrie, aux quels il ajoute un peu d’alter, d’euroretouràla monnaieunique,

et il croit avoir les solutions en répétant  ces mots  » comme un cabri »….

Il sait qu’il est fini: sur ces thémes Mélenchon, Dupont-Aignan, Le Pen lui dament le pion…

Mais il aime parler, convaincre, et à intervalles réguliers, se réveille de son coma thérapeutique et politique,

pour nous refaire le coup de la nostalgie.

On t’aime bien, Jean-Pierre, on t’aimait bien,

mais fais nous plaisir, passe la main !

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De ultima referenda

Posté par bifaceb le 3 novembre 2011

Un référendum chasse l’autre ? 

Rappelons nous, ce n’est pas si vieux, le traité de Nice, mis au point dans la douleur, mais présenté comme toujours comme « très bon » fixant en 2001 les modalités d’entrée des ex-pays de l’Est, cet objectif devenant, après l’Euro en 2002, le nouveau défi  de l’Union Européenne, de l’Europe…

Et donc les élections de 2004, à 25, avec ces nouveaux pays et une Europe en panne d’inspiration de projet. Pour donner une vision, du corps et du cœur, une idée prends corps : donner au rassemblement des Pays et des peuples Européens une Constitution, un texte qui permette de faire avancer les institutions, qui les éloigne des bureaucrates pour les rapprocher du citoyen, qui rapproche, fédère, donne de l’espoir et de l’énergie…

Las ! hélas ! Une rédaction ratée, n’en déplaise à VGE, une procédure d’approbation mal conçue, et ce pavé de 400 pages, ce salmigondis de mécanismes bureaucratiques, de choix économiques et politiques aboutit à un texte illisible, sans souffle, sans perspective, qui ne séduit que les convaincus.

Ce projet de constitution, qui devait redonner un élan, tirer l’Europe vers le haut, aboutit au résultat inverse : il déçoit et clive. Refusé par référendum en France et aux Pays-Bas, mais accepté en Espagne, approuvé par les parlements de plusieurs pays, il devient un objet encombrant, en attente, jusqu’à ce qu’un succédané négocié à Lisbonne soit ratifié par les parlements.

Depuis deux ans l’Europe vit donc sous le régime de ce traité de Lisbonne, avec un Président du, de quoi d’ailleurs, bon « Président du Conseil », cela nous rappelle la IV éme République, les crises se multiplient, nul ne voit en quoi les nouvelles institutions ont amélioré le fonctionnement de l’Europe, et l’Espoir est toujours en panne…

Alors ce référendum en Grèce ? Demander aux citoyens : voulez vous de l’Europe qui se bâtit à 17 autour de l’Euro et de Schengen, avec ses contraintes (austérité) et ses solidarités (assistance financière) ou préférez-vous rejoindre progressivement le « deuxième cercle », celui des pays hors Euro, n’est pas une manière claire de poser la question du devenir de la construction européenne ?

Poser la question dans le pays le plus emblématique par son histoire lointaine, comme par son vécu récent, c’est prendre le risque d’une clarification négative, et donc de connaître, mesurer les conséquences de cette partie de l’alternative, mais aussi, peut-être, car les peuples savent choisir leur destin, de recueillir, via un Oui, un nouvel élan à la construction européenne, avec cinq ans de retard, celui qui était cherché en 2006…

La campagne sera grecque mais aussi européenne, MLP,  JLM, NDA, iront sans doute sur place faire campagne… même si le moment est mal choisi en France, c’est pourtant aussi ici que l’impulsion doit être forte pour aider les Grecs à franchir l’obstacle en nous tirant vers le haut, en construisant la suite, en mettant entre nous en œuvre ce très beau concept  d’émulation…

Référendum ou ultimatum ?

Conditionner l’aide d’urgence de 8 Milliards d’Euros à la réponse positive du référendum manque de classe et fait penser que la Grèce est payée pour agir suivant les directives européennes….

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