11 novembre hier, aujourd’hui, et demain…

Posté par bifaceb le 11 novembre 2011

Le Président veut faire de cette journée  « la date de commémoration de la Grande guerre et de tous les morts pour la France », ajoutant donc les militaires morts durant la seconde guerre mondiale, puis, depuis, en Indochine, en Algérie, et dans les « Opérations Extérieures ». Une « journée du souvenir », un « mémorial day » comme d’autres pays le célèbrent…  C’est une idée intéressante, qui ne me semble pas aller assez loin. Pourquoi ne pas associer à cette commémoration, outre les morts, toutes les  victimes, blessées, traumatisées, victimes militaires et civiles… J’irais au-delà, pourquoi nous limiter aux victimes de ce côté ci du Rhin ?  Cette guerre, ces guerres furent des désastres pour nous tous, pays européens et nos colonies, comme pour nos alliés, et, au fond, elles ont contribué, par la réconciliation, à fonder la construction européenne, cette réussite du dernier demi-siècle. Les victimes furent nos parents, grand parents, oncles et tantes, aïeux… victimes directes ou indirectes, marqués dans leur chair ou dans leur vie, rendons leur hommage comme à ceux qui se sont battus en face … Et, puisqu’il s’agit de « la Grande Guerre », interrogeons nous sur les mécanismes qui ont conduit à ces millions de morts, ces combats en Picardie, Champagne, ces souffrances infernales de plusieurs peuples, du fait de l’assassinat à l’autre bout de l’Europe, d’un archiduc autrichien par un anarchiste serbe, réfléchissons à ce jeu d’alliances infernal, à ces va t en guerre, politiques, ces fanatiques, parfois militaires, qui ont précipité nos pays dans cette catastrophe. Pensons aussi à cette guerre comme la suite de la précédente, déclenchée pour un motif fallacieux (qui se souvient du contenu de la dépêche d’Ems ?) par un Emile Ollivier, Président du Conseil osant déclarer en 1870, « accepter la guerre d’un cœur léger », pensons aux haines du boche,  aux ravages qui, durant presque un siècle ont opposé la France et l’Allemagne, pour des motifs en effet rétrospectivement tout à fait légers… Que l’été 2014, avec le centenaire de Sarajevo, de l’assassinat de Jaurès, du début de la WW1, soit l’occasion d’une belle et profonde réflexion européenne sur notre vision de la paix, notre internationalisme, notre pacifisme, j’assume le mot, notre volonté de ne pas céder aux provocations et manipulations de ceux qui croient trop souvent, trop facilement, que les armées souffriront mais que les armes auront raison, alors que ce sont les idées, les échanges, le dialogue, les relations interpersonnelles, les projets collectifs, les progrès qui forgent notre civilisation… 
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Il y a deux ans, j’écrivais sur ce jour du 11 novembre. 

11 Novembre.Ce matin, je suivais le défilé, je participais, comme tous les ans, aux cérémonies en hommage aux victimes des guerres du XX ème siécle. Drapeaux, chants, Marseillaise, bien sûr me revenait en tête le débat lancé par le gouvernement sur l’ « Identité nationale ». Identité nationale? Qu’est ce que c’est pour moi? Et pour les autres? Une question que je ne me pose pas, dont nous ne parlons jamais, avec des amis, à la cantine alors que, souvent, nous discutons économie, nous refaisons le monde…
Si je dois y réfléchir, c’est quoi l’Identité Nationale? L’identité je vois: nom, carte, photos…. mais nationale?  C’est une notion qui me parle peu. Je suis français, parce que né en France, de parents français, parlant Français, etc…comme M.Jourdain faisait de la prose.
Drapeau, Marseillaise d’accord, ce sont des symboles, des témoins d’un passé glorieux, parfois seulement des signes de ralliement.
Mais au delà?
Je ne me sens ni nationaliste, ni patriote, je saisis d’ailleurs mal la différence. Ces concepts me paraissent avoir été la cause majeure des deux guerres mondiales qui ont créé le malheur de l’Europe et de ses alliés, au XX ème siècle. Très franchement je me sens d’abord européen. Quand je réfléchis aux valeurs qui me guident, elles sont d’origine gréco-romaines, chrétiennes, humanistes, constituées autour de l’Europe et de la Méditerranée.
La spécificité française ne m’apparaît pas: le «siècle des lumières » se terminant par la Révolution? Certes, mais, après ce si beau mouvement intellectuel, pour une déclaration des droits de Homme et du Citoyen, que d’excès, de violence injustifiable, aboutissant, in fine, à l’Empire, la guerre, la restauration. Ma fierté est limitée. D’autant qu’au même moment la France était un des pays les plus actifs en matière de traite négrière, d’esclavage, une horreur absolue. Non, décidément, je me sens d’abord européen, et mon panthéon des hommes qui ont marqué, fait l’Europe et le monde, comme des valeurs qui me tiennent à cœur, me rapprochent indissolublement, je le pense profondément, des Européens.
Et cette Europe, déchirée par les guerres et les nationalismes durant la première moitié du XX eme siècle, qui, maintenant, donne l’exemple: nous avons vécu presque 65 ans depuis le dernier grand conflit européen, une durée sans guerre sur nos territoires que nous n’avons, je pense, jamais connu en Europe, en France.
En 2020, bientôt, nous l’espérons, 75 ans (une vie) de paix : celle-ci aura alors duré aussi longtemps que la période des trois guerres franco-allemandes précédentes.
Quel symbole! Quel modèle!
Aucun conflit intraeuropéen ne sera plus possible, mais il faudra que la paix se répande, s’étende. C’est notre défi, celui des générations suivantes…

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