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Assourdissants applaudissements

Posté par bifaceb le 20 octobre 2014

 

Pourquoi applaudissons nous au spectacle ?

Pour montrer notre satisfaction, notre émotion.

Montrer à qui ?

Aux acteurs, danseurs, chanteurs, metteurs en scène, instrumentistes ?

Certes, mais au-delà ?

Dans les spectacles de variétés, les concerts de musique moderne, nous applaudissons  aussi pour un « bis », une chanson en rab’…
nous applaudissons les chansons, les intro des « tubes », le bruit, les décibels font partie du spectacle !

Au théâtre classique, nous applaudissons à la fin selon un rituel où la troupe vient saluer.
C’est aussi, il est vrai, un test du succès, en même temps qu’une manière de se dire au revoir.
Dans le boulevard, il arrive qu’on applaudisse un trait d’esprit, une sortie après une scène forte…

A la télé, à la radio, on applaudit souvent : les entrées des artistes, les sorties, les réparties…
Les applaudissements font partie du spectacle médiatique, le show est en partie dans la salle,
d’ailleurs « chauffée » par des animateurs dont le rôle est de susciter les applaudissements.

Au cinéma, on applaudit parfois,  des acteurs, un metteur en scène, par définition pas là, souvent plus là …

Au concert classique, on applaudit à la fin des morceaux. Durant la musique, on entendrait une mouche voler : notre ouïe est exacerbée pour écouter et apprécier les subtilités du jeu, et puis, d’un coup, une paire de secondes après la dernière note, l’oreille est agressée par un grand fracas. C’est pour moi un moment pénible, d’autant que les spectateurs applaudissent souvent comme s’ils en voulaient à nos tympans.

A l’opéra, c’est pire : non seulement il faut subir les applaudissements d’après chaque acte, mais les spectateurs déchaînés applaudissent à tout rompre après une belle performance lyrique, nous faisant oublier ce que nous venons d’écouter.
Et les applaudissements de fin sont longs, sans fin…

Les egos des artistes on t ils vraiment besoin de ces irritants, bruyants, applaudissements ?
Il faudrait le leur demander !  Et tester des spectacles avec des applaudissements modérés !

On pourrait voter par téléphone au spectacle pour dire notre satisfaction, comme dans certaines réunions …

Faut il vraiment être obligé de se boucher les oreilles lorsqu’on va au concert, à l’opéra ?

Notre émotion doit-elle se manifester ainsi au détriment de notre audition et notre concentration ?

 

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Des bus par milliers

Posté par bifaceb le 17 octobre 2014

 

La seule mesure concrète annoncée par notre nouveau ministre de l’économie dans sa conférence de presse sur sa loi sur l’activité est la libéralisation du secteur du transport intervilles en car. Bon, cela ne semble pas vraiment à la hauteur des défis, même s’il annonce dix mille emplois à créer.

 

J’y vois pour ma part plusieurs inconvénients.

- D’abord l’aspect écologique et environnemental. Il paraît que les « nouveaux autocars » ne polluent plus, sont sobres, sans particule, etc… Je demande à voir tant l’expérience me montre que, pour convaincre, on s’accommode parfois d’un bon biais avec la réalité.
et, malgré tout, on reste dans l’accroissement de la consommation d’énergies fossiles !
en tout cas, cela signifie plus de bus sur les autoroutes, les routes, dans les villes, …
Où seront les gares routières ? quand on voit celle de la porte de Bagnolet, à Paris,
on peut être inquiet. Et il faudra investir pour les construire…

- Dix mille emplois, mais où va-t-on trouver ces chauffeurs ? Le métier de conducteur de poids lourd peinait déjà à recruter en France et le transport en commun de personnes exige un mode de vie, une hygiène de vie, qui peuvent en dissuader plus d’un. Faudra t il parler français pour être chauffeur d’un bus de transport de passagers ?
Je pense que nous allons avoir de nouveaux chauffeurs très internationaux.

-Ces autocars paieront-ils via les taxes à l’essieu ou la TIPP, des taxes municipales, leur contribution à l’investissement et l’amortissement du réseau routier qu’ils utiliseront ?

- Là où les infrastructures ferroviaires existent, sont opérationnelles, ne peut-on vraiment pas faire circuler des trains « low cost», avec un niveau de confort aligné sur celui des bus ?

- Le covoiturage se développe : mieux exploiter les flux circulant faiblement remplis sur le territoire, en faire une activité économique « normale », en matière de fiscalité et d’impôts, développer plusieurs offres de covoiturage, voilà qui me semble plus porteur qu’ajouter des bus sur nos routes et dans nos villes.

Mais évidemment, ces deux solutions : plus de train et de covoiturage ne correspondent pas au schéma voulu par la commission : il faut des compagnies capitalistes sur ce marché du transport, et non des entreprises publiques, ou de l’économie du partage. Le profit est à ce prix !

 

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Allocs rabotées

Posté par bifaceb le 17 octobre 2014

 

Le gouvernement a finalement décidé de passer un coup de rabot sur les allocations familiales, en les diminuant de 50%, voire de 75 % pour les familles gagnant plus de 6000 ou  8000 euros par mois.

Ce sont certainement des familles qui, en effet, peuvent se passer de quelques dizaines d’euros mensuels d’allocations (mais d’ailleurs, elles pourraient aussi se passer des quelques dizaines d’euros d’allocs qui leur restent), et même celles de 4000 € de revenus mensuels pourraient, etc… cet argument n’est guère convaincant.

Et, quatre raisons me font critiquer cette mesure :

- les allocations sont basées sur des cotisations proportionnelles aux salaires, les plus hauts revenus cotisent déjà plus qu’ils ne reçoivent, la redistribution est déjà en œuvre.

- les familles aisées ont déjà bien été mises à contribution depuis 2012 :
abaissements successifs du quotient familial, diminution des plafonds pour les aides à la garde d’enfants , fiscalisation de la majoration de retraite pour trois enfants, suppression de l’abattement « enfants » de l’ISF,…

- la prise en compte des revenus familiaux va inciter les couples à faire deux déclarations en cachant leur situation matrimoniale réelle, c’est peut-être un objectif caché du gouvernement, puisqu’il figure dans les recommandations d’un certain nombre de tenants de la réforme fiscale et qu’il est une des conditions de la « fusion » Impôt sur le Revenu-CSG, mais c’est une stratégie lourde de conséquences avec in fine une diminution des recettes fiscales liées à une moindre progressivité effective.
Sans compter la complexité de tout mécanisme de plafonnement basé en général sur les revenus fiscaux de l’année N-2,
et donc à modifier en fonction des évènements de la vie, avec des trop perçus, des régularisations,…
un bon coup de canif dans le « choc de simplification ».

- l’instrument normal de redistribution des revenus en France est l’impôt sur le revenu: fiscalisons les allocations familiales, comme le reste des revenus, les contribuables aisés avec famille ne seront pas satisfaits, mais cela aura le mérite de l’équité et de la simplicité.

 

Et profitons en, peut-être, pour revoir ces allocs qui démarrent au deuxième enfant,
mais ne prévoient pas de maximum, pour les lier
aux soins portés aux enfants, à la scolarité effective.

Nous pourrions aussi revoir le quotient familial et les « double demi-parts » au-delà du troisième enfant,
issus d’une politique nataliste. Je serais personnellement pour supprimer progressivement ces doublements, fixer un nombre maxi d’enfants aidés, par les allocs ou le QF : 5, 6 ? Avec l’idée que, au-delà, l’enfant est aujourd’hui un choix du couple, de la personne, dont je ne suis pas certain que la société doive l’encourager financièrement.

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équité européenne

Posté par bifaceb le 14 octobre 2014

 

 

Au Portugal,
les pensions de retraite des étrangers installés sont totalement exonérées d’impôt sur le revenu pendant 10 ans.

Bien entendu, les retraités portugais, payent, eux, leurs impôts …

 

N’est ce pas contraire au principe général de libre circulation, de non discrimination,
qui stipule qu’on ne peut traiter différemment un national d’un européen dans les pays de l’Union Européenne,
pour défavoriser, comme, ici, pour le favoriser ?

La Suisse, le Maroc et la Tunisie le font à leur manière, mais, entre pays européens, c’est privilégier la concurrence entre pays, la logique de moins disant par rapport à la coopération et l’harmonisation.

J’espère qu’un citoyen portugais attaquera cette disposition devant la cour de justice européenne !

vie au portugal impots

cette pub n’est elle pas une faute contre l’esprit européen ?

 

 

 

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De la Faute du maire à la faute de la mer

Posté par bifaceb le 9 octobre 2014

Autrefois, les permis de construire étaient instruits et accordés par l’ équipement, sous l’autorité des préfets.
Dans le cadre de la décentralisation, François Mitterrand a dévolu ce travail aux maires, donc à des élus.
Le motif était que l’Administration est un monstre froid, alors que les élus sont nécessairement plus près du peuple,
qu’un maire sait mieux qu’un fonctionnaire.

Parmi les dangers redoutés , corruption et clientélisme ont pu ici et là être démontrés, et condamnés .

A La Faute sur mer, ce qui est en cause, c’est plus simplement, plus crument,  le zèle de bâtisseur de certains maires,
l’intérêt voire la cupidité, les liens souvent étroits entre certains des adjoints et les « bétonneurs »:
promoteurs, propriétaires de terrain, entreprises de construction, commerçants…

qui ont conduit à construire sur des zones à risque des maisons dangereuses.

A La Faute, c’est l’Administration qui a fait preuve de raison et d’humanité en soulignant les risques dans certaines zones.

Ces articles de Libé disent bien l’horreur de cette nuit, racontée en peu de mots par le médecin urgentiste qui a vu se noyer devant lui quatre personnes de sa famille, puis expliquée dans ses causes par les acteurs invisibles du drame.

http://www.liberation.fr/societe/2014/09/19/ces-20-cm-qui-auraient-permis-a-mes-enfants-de-respirer_1104439

http://www.liberation.fr/societe/2014/10/08/proces-xynthia-l-engeance-immobiliere_1117734?xtor=rss-450

http://www.liberation.fr/societe/2014/10/07/xynthia-le-maire-depasse-joue-les-benets_1117053

Quand je lis ces extraits de l’audience, je suis d’abord remué, bouleversé, puis abasourdi, consterné,
je me crois dans un mauvais film.

Comment cela est il possible ? Comment garder la décentralisation et éviter de telles situations ?

 

 

 

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lutte des classes

Posté par bifaceb le 2 octobre 2014

 

On se souvient du mot de Warren Buffet, le milliardaire américain :

« la lutte des classes existe, et d’ailleurs nous l’avons gagnée ! »

 

La lutte des classes :

niée par les uns, décrite comme le moteur de l’histoire économique et sociale par les autres…

 

De Marx, chacun d’entre nous a un peu retenu ce qu’il a lu, appris, entendu, et tout autant oublié …

Beaucoup pourraient sans doute citer trois concepts de l’ héritage marxiste :

  • l’exploitation de l’Homme par l’Homme,
  • la lutte des classes
  • le communisme.

Si le communisme est bien lointain chez Marx, et peu décrit, sinon comme l’abolition des classes sociales,
il est aujourd’hui largement passé par profits et pertes de l’Histoire. Quant à l’exploitation de l’Homme par l’Homme,
c’est une expression un peu vieillotte, un effet de manche ou d’estrade, du moins dans nos sociétés occidentales
dotées de lois sociales, d’une démocratie représentative, où les individus ont des droits et des devoirs…

Mais la lutte des classes reste un débat d’actualité :
la lutte des classes comme lutte sociale entre une classe de propriétaires, de capitalistes,
et une classe de prolétaires, travailleurs, salariés, réduits à « vendre leur force de travail » pour survivre.
Marx, qui écrivait à la moitié du XIX eme voyait au quotidien ces travailleurs vivant dans la misère, toujours menacés d’être remplacés par d’autres prolétaires encore plus pauvres, le lumpen prolétariat des chômeurs pesant sur les salaires. Il ne prévoyait d’évolution que dans le rapport de forces, et, de crise en crise, une révolution, violente sans doute, « la violence est l’accoucheuse » et la prise de pouvoir par le peuple…
Ainsi avec « la loi d’airain » des salaires (le salaire est juste suffisant pour permettre au peuple travailleur de subsister et de se reproduire), la baisse tendancielle du taux de profit (les affaires les plus intéressantes sont réalisées en premier, les autres, souvent plus capitalistiques, ne pourront être menées qu’avec une exploitation aggravée du travail), l’accumulation capitalistique  (les capitalistes disposent de moyens financiers de plus en plus puissants), Marx, en simplifiant beaucoup, croyait que les forces économiques ne pouvaient qu’aller de crise en crise, de plus en plus graves, que la démocratie, les élections étaient un leurre pour masquer le vrai rapport de force, qui devait jouer sur la force physique, la production, l’insurrection, la révolution, la prise du pouvoir par les travailleurs.

Le capitalisme a vécu des crises, connu des violences, mais a été capable de distribuer aux salariés un pouvoir d’achat qui a permis de créer de la demande pour la production, d’élever le niveau de vie général, de créer une classe moyenne capable d’épargne, et donc détentrice d’une fraction du capital, d’améliorer les revenus de la classe des travailleurs les plus pauvres, et, comme Schumpeter l’avait prévu, il a, grâce à l’innovation, pu contrecarrer la loi de la baisse tendancielle du taux de profit.


Ainsi, fort d’une nombreuse classe moyenne, salariée mais « aisée » ayant la possibilité financière de loisirs, de plaisirs, épargnante et donc attentive à la rémunération de l’argent investi, à la préservation des patrimoines, à une forme d’ordre nécessaire à la transmission familiale, le capitalisme a pu croire avoir définitivement éloigné la menace de la lutte des classes.  » Classe contre classe », il n’y a plus que l’extrême gauche pour utiliser ce slogan, qui veut qu’en toute circonstance, les salariés s’opposent aux employeurs, les exploités aux capitalistes.

Pourtant, je suis certain que la lutte des classes existe bel et bien.

- D’abord l’entreprise, sur le plan financier, au quotidien  et chaque année, décide de la manière dont elle répartit sa valeur ajoutée entre salaires et profits (et impôts !), respectivement rémunération du travail et du capital investi, laquelle se décompose ensuite en agrégats plus complexes: réinvestissements, plus values latentes et, bien sûr, dividendes, visibles, sensibles,  qui matérialisent la rémunération immédiate de l’actionnaire.

C’est tout l’enjeu du débat lancé par la gauche sur la diminution de la part des salaires dans la valeur ajoutée depuis 30 ans, que le rapport Cottis avait analysée de manière complète.

http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/dossiers_web/partage_VA/rapport_partage_VA.pdf

C’est aussi l’objectif de certaines délocalisations.

- Ensuite, à certains moments de la vie de l’entreprise, et en particulier quant elle est en difficulté, qu’il n’y a plus de « grain a moudre » ni de projet commun, les oppositions s’avivent entre ceux qui veulent fermer, ou réduire la production pour récupérer leurs actifs, et ceux qui veulent travailler, être payés, jusqu’au dernier euro de production possible, quitte à laisser les dettes aux investisseurs ou à la collectivité. Il y a alors confrontation, de celles qu’on entend dans les médias, comme de celles, plus nombreuses, qui se déroulent dans des milliers d’ entreprises plus petites, moins connues, mais ces conflits sont dans une logique d’affrontement sont présents dans les dépôts de bilan .

A ces problématiques, des réponses ont été données sous forme de participation des salariés aux bénéfices de l’entreprise, voire, dans certains pays, certaines sociétés, de cogestion. Mais ces modalités ne remettent pas en cause la réalité du pouvoir in fine de l’actionnariat.

A l’inverse des fermetures, les sociétés qui ont cru très vite, avec beaucoup de succès, posent aussi la question de la rémunération de leurs investisseurs de départ par rapport aux salariés : l’homme le plus riche du monde, Bill Gates, a simplement gardé les parts de capital de sa société qu’il a créée et fait prospérer, comme le fondateur d’Alibaba, Jack Ma qui vient d’être introduit en Bourse dont il possède, selon mon calcul, pour 7,5 Milliards de dollars, plus que la masse salariale distribuée par l’entreprise depuis sa fondation, il y a 15 ans ****.
Chaque dollar de salaire aurait amené un dollar de Ma-fortune (sans compter les 95% des autres actionnaires !).
Il y a pour moi clairement disproportion, sauf à ce que les salariés soient très largement actionnaires, mais alors, c’est par rapport aux autres salariés d’autres entreprises que l’inégalité est frappante.

-Troisièmement, et c’est là un sujet plus complexe, plus lié à du ressenti, du vécu, les salariés, certains salariés, ceux d’une grande usine,  d’un lieu qui a une histoire (un métier dans une ville) se sentent « propriétaires  » de cet environnement de travail, de ces savoir faire qu’ils connaissent bien, parfois mieux que la direction,  qu’ils mettent en œuvre au quotidien, et se sentent dépossédés de « leur » métier, au sens de leur propriété intellectuelle et morale si on ferme l’usine, transfère ailleurs la production, quel qu’en soit le motif, et même si les reclassements ont lieu dans des conditions acceptables. Ils y ont travaillé des décennies, leurs parents, leur famille, leurs amis, ils en ont subi les vicissitudes et en connaissent les recoins, c’est devenu « leur » usine…
les exemples sont légion, de Goodyear, Conti, aux Lipton, mais aussi la fermeture d’un grand centre de tri postal, d’une base militaire…

Participation, Cogestion, ne sont pas une réponse à ce type de situation mais alors, l’autogestion, la gestion par les salariés de leur outil de travail, en pleine responsabilité, ce qui implique qu’ils soient capables de le financer et de le faire fonctionner dans le cadre du marché ?
L’autogestion « soixante-huitarde » avec dirigeants élus, interpellables  et révocables à tout moment, stricte égalité des rémunérations, n’a jamais vraiment été testée, ou du moins n’a pas assez duré pour être évaluée, mais le mode d’organisation des SCOP, voire des associations, des fondations, des GIE, de nouvelles formes de société à but plus humain et social est une réalité, employant près de 10% de l’effectif salarié en France (même si ce chiffre inclut des établissements mutualistes qui se sont éloignés de leur idéal fondateur)*.

Une modalité de réponse aux projets capitalistiques qui font bon marché des implantations et du personnel  est, en cas de projet de fermeture,  la reprise du site, de son savoir faire, par ses salariés, … Difficile quand c’est une petite entreprise, quasi impossible quand c’est une unité de production d’une grands entreprise, et pourtant ils l’ont fait ! Les Fralib, à Gemenos, une centaine de salariés, ont, au terme d’un bras de fer de plusieurs années, sur la durée duquel il y aurait à dire**, pu négocier en mai dernier la reprise de leur usine en SCOP face à une multinationale puissante: Unilever. C’est un cas rare, peut-être unique, qui devra être suivi avec attention. C’était d’ailleurs une promesse du candidat Hollande que n’a pas réussi à traduire dans les faits le président Hollande.

En parallèle à ce règlement d’un conflit, un autre point positif est l’évolution des lois en France pour donner aux salariés et à leurs représentants de plus en plus d’informations économiques sur l’entreprise, certaines sous clause de confidentialité, leur permettant de discuter plus efficacement avec la direction, le propriétaire, l’actionnaire, les préparant éventuellement à reprendre leur destin en main.

 

 La lutte des classes existe, c’est une des formes de la lutte pour la vie, de la lutte de chacun pour son niveau de vie,
 c’est la traduction d’intérêts opposés, même si parfois elle s’amoindrit.

L’éthologie, la psychologie, l’économie, la théorie des jeux l’ont étudié,
la situation normale entre être humains (et certains animaux d’ailleurs), entre groupes d’être humains,
est un mélange de compétition et de coopération***, avec la recherche de la combinaison la plus efficace possible.

La société économique n’y échappe pas, et chacun doit lutter pour empêcher la prédation de ses biens.
L’organisation sociale doit favoriser les formes les plus efficaces, mais aussi les moins conflictuelles,
pour préserver la cohésion et la convivialité.
Ainsi la lutte des classes doit être maitrisée, confinée aux endroits où elle fait partie de l’activité,
pour permettre un développement épanouissant de l’activité.

 

 

* http://www.economie.gouv.fr/economie-sociale-et-solidaire-de-quoi-parle-t-on

** http://www.lefigaro.fr/societes/2014/05/28/20005-20140528ARTFIG00079-unilever-solde-le-conflit-avec-les-fralib.php

***  j’aime bien la notion d’émulation !

****  selon mon calcul, 18 000 salariés x 50 000 $ /2 (moyenne linéaire) x 15 ans soit 7 Mds $

 

 

 

 

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grève des pilotes AF

Posté par bifaceb le 2 octobre 2014

 

Les pilotes d’Air France on fait deux semaines de grève et repris le travail sans accord,
après avoir obtenu le retrait de Transavia Europe, mais sans toucher au potentiel de Transavia France.

Deux, ou plutôt trois remarques sur ce conflit :

- dans une négociation, une manœuvre classique pour aboutir à ses fins est l’utilisation d’un leurre.
Positionner un Transavia Europe dans un pays du Sud de l’Europe pouvait apparaître une provocation
( la filiale low cost de Lufthansa , Germanwings/Eurowings, est en Allemagne et en Suisse !)
c’était peut-être un leurre, positionné pour être retiré, à la demande des pilotes et/ou du gouvernement,
destiné à être sacrifié au développement de Transavia France, objectif primordial.

- l’autre point du conflit est que les pilotes se battaient contre la mise en place d’une échelle des salaires plus basse
pour les nouveau pilotes, les « entrants », une « échelle B » des salaires.
C’est une question de fond, délicate. Admettre deux échelles de rémunération différentes pour le même travail
heurte notre sens commun , est en contradiction avec le principe d’équité : « à travail égal, salaire égal »
crée des clivages entre « anciens » et nouveaux », « installés » et « entrants »,
mais permet de ne pas remettre en cause le niveau de vie, la qualité de vie des personnels en place, tout en s’adaptant au marché.
Bien sûr, les personnels payés sur l’échelle A craignent d’être, de gré ou de force, « détachés » ou licenciés/réembauchés sur l’échelle B.
L’échelle B est sans doute malgré tout, l’évolution la moins brutale, évitant les détours par les filialisations artificielles, les statuts d’autoentrepreneur factices. Avec toutes ses difficultés, elle doit être expliquée, et assumée vis à vis des personnels concernés,
comme de l’opinion publique, des médias qui doivent être mieux informés.

- et, bien sûr, oui, les pilotes sont très bien payés, sur des grilles qui datent d’un temps où leur travail était plus compliqué et risqué,
ils font peu d’heures, et devront accepter des évolutions, comme ils l’ont déjà fait (pilotage à 2, etc…).

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